Le savon et l'eau propre sont des outils simples aux effets considérables, et les femmes et les filles sont souvent les premières à en bénéficier.

Se laver les mains au savon protège tout le monde, mais les femmes et les filles en profitent particulièrement : elles restent à l'école dans la dignité, les mères et les nouveau-nés sont plus en sécurité à la naissance, et les femmes jouent un rôle moteur dans la santé communautaire. Sources : OMS, UNICEF, ONU-Eau, Cochrane, CDC.
Chaque année, le 15 octobre, le monde s'arrête pour célébrer l'une des habitudes de santé les plus simples qui soient. Le mot d'ordre de cette année, « Soyez un héros du lavage des mains » (« Be a Handwashing Hero »), nous invite tous à défendre des mains propres à la maison, à l'école, au travail et dans nos communautés.[1]
Regardez de près ce que permettent le savon et l'eau propre, et un constat s'impose. Qu'une fille puisse rester à l'école dans la dignité, qu'une femme accouche en sécurité, ou que sa journée soit absorbée par le transport de l'eau : tout cela dépend de l'accès à des mains propres.[4] Voici pourquoi un simple pain de savon change la donne pour les femmes et les filles.
Chacun, des jeunes enfants aux responsables publics, peut ouvrir la voie à des mains plus propres chez soi, à l'école, au travail et dans sa communauté.[1]
Trois courtes scènes tirées de cet article : une fille qui a besoin d'un poste de lavage des mains à l'école, une sage-femme qui prépare un accouchement sûr, et des femmes qui apprennent à leur communauté à se frotter les mains pendant 20 secondes.
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Une école devrait être un lieu où les filles apprennent, pas un lieu où les besoins de base ne sont pas satisfaits.

ONU-Eau rappelle que les femmes et les filles ont des besoins d'hygiène spécifiques : un espace propre, fonctionnel et verrouillable, avec de l'eau et du savon, et les moyens de gérer leur hygiène menstruelle.[4] Quand les services d'eau, d'assainissement et d'hygiène (EAH) gérés en toute sécurité font défaut, leur capacité à étudier, à travailler et à vivre dans la dignité en souffre.[4]
Le fossé reste large. En 2019, plus de 4 écoles sur 10 dans le monde n'avaient pas d'installations de base pour se laver les mains.[3] En 2025, environ 545 millions d'enfants d'âge scolaire n'avaient toujours pas de service d'hygiène de base à l'école, selon un rapport OMS/UNICEF publié en septembre 2026, et les progrès sont trop lents pour atteindre l'accès universel d'ici 2030.[2]
Un accouchement sûr commence par des mains propres et un environnement propre.

En 2017, l'OMS indiquait que, chaque année, environ 30 000 femmes et 400 000 bébés meurent d'infections telles que la septicémie puerpérale, souvent liées au manque d'eau, à un assainissement insuffisant et à de mauvaises pratiques de lavage des mains.[5] Des données OMS/UNICEF citées par ONU-Eau montrent que les infections causent 26 % des décès néonatals et 11 % des décès maternels.[4]
Les conditions dans de nombreux établissements aggravent la situation. Plus d'un établissement de santé sur trois dans les pays à revenu faible ou intermédiaire n'avait pas de savon pour se laver les mains,[5] et la moitié des établissements de santé dans le monde n'ont toujours pas de services d'hygiène de base.[6]
Le lavage des mains n'est qu'un volet des soins propres. L'OMS recommande aussi des gants propres, du matériel stérilisé, une zone d'accouchement propre et une élimination sûre des déchets.[5] Les preuves sur le seul lavage des mains sont prometteuses mais non concluantes. Une étude portant sur plus de 23 000 nouveau-nés dans le sud du Népal a associé le lavage des mains au savon par les accoucheuses à un risque de décès néonatal inférieur de 19 %, et par les mères avant de manipuler leur bébé à un risque inférieur de 44 %. Il s'agit d'une étude observationnelle : elle montre une association et non une preuve de cause, et d'autres essais ont donné des résultats mitigés.[7]
L'eau et l'hygiène sont aussi une question de temps.

ONU-Eau indique que 1,8 milliard de personnes n'ont toujours pas d'eau potable à domicile, et que, dans deux ménages sur trois, ce sont principalement les femmes qui vont la chercher.[4] De longs trajets à pied, souvent plusieurs fois par jour, peuvent exposer les femmes et les filles à des dangers et les empêcher d'aller à l'école ou de gagner un revenu.[4]
Le lavage des mains à la maison ajoute une autre dimension. Une revue Cochrane a montré que la promotion du lavage des mains évitait environ un tiers des épisodes de diarrhée dans les écoles et les crèches des pays à revenu élevé, et environ un quart dans les programmes communautaires des pays à revenu faible ou intermédiaire, même si les preuves sont moins certaines dans ce dernier cas.[8] Moins de maladies peut signifier moins de journées perturbées pour les enfants, et plus de temps pour que les filles et les femmes apprennent, travaillent et se reposent.
Les femmes sont au cœur de la transmission des connaissances en matière d'hygiène.

Mères, enseignantes, sages-femmes ou agentes de santé communautaires, elles montrent aux enfants et aux voisins ce que signifie, concrètement, avoir les mains propres. Être actrice, c'est aussi avoir son mot à dire. ONU-Eau souligne que les femmes et les filles doivent jouer un rôle central dans la conception et la mise en œuvre des solutions EAH, or moins de 50 pays ont des lois ou des politiques mentionnant spécifiquement la participation des femmes à la gestion de l'assainissement rural ou des ressources en eau.[4]
Quand une femme comprend pourquoi 20 secondes comptent, elle le transmet. Quand elle aide à concevoir les services que sa communauté utilise, ces services ont plus de chances de fonctionner pour tous.
À HEER Africa, l'eau, l'assainissement et l'hygiène font partie des priorités de notre HER Science Initiative, notre programme de recherche sur la santé des femmes.
L'héroïsme n'exige pas de cape. En cette Journée mondiale du lavage des mains, plaidons pour les filles qui ont besoin de meilleures installations à l'école, pour les mères qui méritent des soins sûrs et pour les femmes qui dirigent leurs communautés. Les cinq étapes du CDC sont simples :[9]
Mouillez vos mains à l'eau propre et courante (tiède ou froide), fermez le robinet, puis appliquez du savon.
Frottez vos mains l'une contre l'autre avec le savon : le dos des mains, entre les doigts et sous les ongles.
Frottez pendant au moins 20 secondes.
Rincez bien vos mains à l'eau propre et courante.
Séchez avec une serviette propre ou un sèche-mains.
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Une note accessible sur un preprint.
HER Science InitiativeEAH, santé maternelle et plus encore.
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